Lycée Gourdou Leseurre

50-56, boulevard de Champigny 94210 Saint-Maur-des-Fossés

ce.0940140s@ac-creteil.fr 01.48.83.33.32

La réserve citoyenne

Le 29 septembre 2016, une petite dizaine d’élèves de secondes bac pro du lycée Gourdou-Lesseure a participé à un atelier de réserve citoyenne et échangé des questions à propos de l’engagement.

« Qui a regardé le match du PSG hier ? » Un ange passe. Ce matin-là, ils sont une petite dizaine d’élèves de 2nde pro du lycée Gourdou-Lesseure de Saint-Maur, assis en cercle, rivalisant de silences. Luc Evrard réajuste ses lunettes noires aux montures épaisses. « C’est vrai que le contexte n’est pas évident, mais ce qui est important, c’est qu’on échange ensemble ! », lance en souriant cet ancien directeur de la communication de Médecins du monde.

Lui fait partie des volontaires de la « réserve citoyenne », ces bénévoles qui se rendent, sur sollicitation des équipes enseignantes, dans les établissements scolaires pour échanger avec les élèves sur des thèmes ayant trait aux valeurs de la République, du vivre ensemble. Cette réserve avait été lancée quelques mois après les attentats de Charlie Hebdo.

« Du sens à la vie »

L’objectif de cette heure d’échange : évoquer « l’engagement » sous toutes ses formes. « Ce qu’ils font c’est bien, il en faudrait plus », ose finalement Ismaël, évoquant une vidéo d’humanitaire visionnée quelques jours plus tôt sur Facebook. « L’engagement, c’est donner du sens à une vie. Regarder ce qu’on a fait, et se dire ‘ça a de la gueule’», relance Luc Evrard. Alain Netter, ancien formateur dans l’hygiène alimentaire de 67 ans, « réserviste », essaie lui aussi de leur tirer les vers du nez, parlant tour à tour de sport ou de lutte contre le harcèlement.

« Toute ma vie je me suis engagé », confie-t-il, justifiant son envie d’aller à la rencontre des élèves. « On ne peut pas laisser les profs seuls face à la jeunesse de ce pays, l’éclosion des nouvelles générations c’est l’affaire de tous », justifie Luc Evrard. « Après les attentats de Charlie, on nous a demandé de parler de ça. C’était dur, j’ai entendu des horreurs, c’était dur à gérer », se souvient Valérie Mille, prof au lycée, ravie du dialogue que tente d’instaurer la réserve, et qui souhaite, elle, « le prolonger » par la suite avec les élèves.

« Au début, ça n’a pas du tout suscité d’engouement (côté profs), il y avait des craintes, se rappelle Marc Dreyffus, qui coordonne le dispositif de la réserve pour l’académie de Créteil. Mais là on est en phase de développement importante ». L’académie possède une réserve de 505 bénévoles, dont 235 prêts à intervenir dans le Val-de-Marne.

Quentin Laurent, article du Parisien