Lycée Gourdou Leseurre

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On en parle …

Les lycéens de Saint-Maur débattent des addictions grâce au théâtre

 

 

 

 

Laure Parny|11 janvier 2018, 17h22, Le Parisien

Assister à une pièce et débattre avec des spécialistes des addictions : la formule a séduit ce jeudi les lycéens de Gourdou-Leseurre. Ils plébiscitent ces échanges différents pour aborder leur rapport au tabac, aux drogues ou encore aux jeux vidéo.

Un homme quasi nu, à l’agonie, en pleine crise de manque, à quelques mètres d’adolescents de 16 ans, et pas un rire dans la salle. Pas un seul bruit, ce jeudi matin, dans cette salle de l’hôtel de ville de Saint-Maur, où l’on assistait à la déchéance d’un médecin, devenu accro à la morphine et dont les lycéens de Gourdou-Leseurre ont vécu intensément la chute jusqu’au suicide.

C’est une façon originale de parler des addictions qu’ont choisi de proposer aux élèves la compagnie le Théâtre de l’Estrade, basée à Saint-Maur, et l’équipe dirigeante de l’établissement. Comme ils l’ont fait également avec le lycée François-Mansart et le collège Louis-Blanc, les comédiens ont passé il y a quelques jours toute une matinée avec ces élèves de 1re, à évoquer ensemble le théâtre, les addictions, et comment jouer des saynètes autour de ce thème.

« Ils ont passé du temps avec nous sur un thème qu’on nous rabâche sans arrêt, raconte Junior, 17 ans. Sauf que là, le message est devenu plus profond, on a vraiment réfléchi aux conséquences des dépendances, notamment au tabac et aux drogues. C’était bien plus intéressant que la prévention de d’habitude ! »

« Ça pousse vraiment à la réflexion »

Les élèves en bac pro filière industrielle, malgré des applaudissements timides, ont été totalement ébahis par la prestation de la troupe, à quelques mètres seulement du public. « Morphine » raconte la dépendance d’un jeune médecin de campagne à la morphine, avec d’impressionnants passages de l’euphorie à la terreur. « Ça pousse vraiment à la réflexion de le voir comme ça, jamais je n’avais eu l’occasion de me poser autant de questions sur les dépendances que ce matin », reconnaît Adnan, 17 ans, de Villiers.

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La pièce de théâtre a été suivie d’un débat avec les comédiens et des professionnels de l’addiction. LP/Laure Parny

Impressionnée par l’attention des élèves, la proviseure envisage déjà de recommencer cette intervention originale. « Nous ne pouvons pas seulement aborder les interdits, il faut parler du moment où on devient addict, précise Colette Coudres-Bourgeois, proviseur du lycée. Ce type de pièce et de débat, ça peut déclencher des démarches personnelles, par exemple sur l’addiction aux jeux vidéo, aux écrans. »

Ce jeudi, des professionnels de la Maison commune des addictions de Villejuif étaient là aussi. Dans un jeu de questions anonymes et de réponses sans tabou, ils ont abordé les difficultés à se sortir seul d’une addiction, les relais à activer autour de soi, l’accompagnement d’un proche… Et de s’étonner d’apprendre que « 10 % des Français sont en difficulté avec la consommation d’une substance ».